Le vendredi 9 avril 2021, Delphine Pessin, autrice de romans pour la jeunesse mais aussi professeure de français, est venue à la rencontre des élèves du collège Saint-Exupéry pour échanger sur son livre « La carotte et le bâton » et sensibiliser les élèves au phénomène de harcèlement. Ces derniers l’ont longuement questionnée.

Pourquoi êtes-vous devenue autrice ?
Depuis que je suis jeune, j’adore lire et écrire. Au départ, j’écrivais quelques textes sur des sujets qui me tenaient à coeur et puis, j’ai connu une élève harcelée et j’ai eu envie d’écrire une histoire quelque peu inspirée d’elle, sans imaginer pouvoir un jour la publier.

Avez-vous vécu des situations
de harcèlement ?

Je n’ai jamais été harcelée personnellement. Mais, en tant que professeure, j’ai été confrontée à cela, en particulier à une élève harcelée par toute la classe qui avait dû changer de collège et pour qui je n’ai rien pu faire. J’ai un peu écrit ce livre pour me libérer de la culpabilité que j’ai pu ressentir de ne pas avoir pu aider cette jeune fille que je n’oublierai jamais.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour écrire ce livre ?
Il m’a fallu cinq mois d’écriture et de relecture avant de publier ce premier roman destiné aux adolescents. Je l’ai écrit rapidement parce que je n’ai pas rencontré de blocage envers le sujet. J’avais déjà le texte en tête, ce qui m’a beaucoup aidé. Ce qui m’a permis d’écrire, c’est la lecture : j’ai toujours aimé lire. La lecture est à la fois mon métier et mon passe-temps.

Avez-vous choisi la couverture du livre ?
Non, mais je la trouve jolie. La couverture du roman montre une jeune fille rousse, très belle.

Pourquoi cette jeune fille se fait-elle harcelée pour sa couleur de cheveux ? Nous trouvons que c’est une belle couleur.
Au début, Emilie devait être brune et grosse et donc harcelée pour son physique. Mais j’ai regardé un reportage qui montrait des personnes victimes de harcèlement et leur famille : le témoignage d’une mère dont le fils roux et harcelé s’était suicidé m’a marquée et j’ai décidé qu’Émilie serait rousse.

Pourquoi avoir choisi de raconter l’histoire sous deux points de vue , ceux d’Emilie et de Cloé, mais pas celui de Barbara, l’une des harceleuses ?
Au départ, ce n’était pas prévu, mais j’ai voulu montrer les différentes interprétations possibles du harcèlement , son « mécanisme » et le piège qui se referme sur Emilie de différents points de vue, ainsi que la réaction de son entourage face à la situation. Je n’ai pas choisi le point de vue de Barbara car il est difficile de savoir ce que pensent les harceleurs.

Delphine Pessin

Pourquoi la tentative de suicide d’Émilie n’est-elle pas racontée ?
Au début, j’avais en tête qu’Emilie mourrait à la fin. Puis je me suis dit que donner un message d’espoir en la laissant survivre et sortir grandie et forgée serait mieux. Je ne trouvais pas nécessaire de raconter son acte en détail. « Se dire que tout est terminé, qu’il n’y a plus aucun espoir est la chose la plus atroce qui puisse exister. »

Pourquoi les adultes de l’établissement sont-ils aussi aveugles ?
Pourquoi ne veulent-ils rien faire ?
Parce que dans la vraie vie, ils ne voient pas tout le temps ce qui se passe. « Tous les événements se produisent en « douce ». Quelques fois, il est plus facile de ne rien voir… C’est pour cette raison qu’Emilie n’est pas vue comme victime.

Le harcèlement, c’est quoi ?
Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre. »

ministère de l’Éducation nationale

nonauharcelement.education.gouv.fr

Delphine Pessin en 5 chiffres

2 : métiers : professeure de français et autrice. Avant de publier son premier livre, elle considérait son métier d’autrice comme un passe-temps.

3 : personnages importants dans La carotte et le bâton : Émilie, qui se fait harceler, Barbara, qui harcèle, Cloé, la meilleure amie d’Émilie.

5 mois d’écriture pour son premier roman La carotte et le bâton. 5 maisons d’édition avec lesquelles elle collabore : Talents Hauts, Pocket jeunesse, Poulpe Fictions, Thierry Magnier et Didier jeunesse.

11 : romans écrits. Elle s’intéresse aussi à l’écriture de scénarios de BD et de films : c’est une écrivaine touche-à-tout.

18 : le département dans lequel Delphine travaille et vit.

collège Saint-Exupéry

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