Le potamot, le jonc des tonneliers, le nénuphar jaune, la jussie, la sagittaire : tous ces noms étranges sont des noms de plantes aquatiques des marais de Bourges. Certaines viennent de loin, et d’autres posent problème.

Dès l’Antiquité, ces terrains marécageux assuraient la défense de la ville. L’exploitation actuelle des marais en jardin potager ne date que du XVIIe siècle, lorsqu’ils furent achetés par les jésuites qui les louaient à des particuliers pour les cultiver. Le dernier recensement exhaustif de la flore date de plus de 30 ans, c’était en 1976, sous la municipalité de Raymond Boisdé.

Un lieu inscrit

Aujourd’hui, il n’y a pas de protection du patrimoine écologique, les marais sont simplement inscrits comme Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Floristique de type II pour les spécialistes ! L’équilibre des marais est fragile et il dépend entièrement de leur utilisation par l’homme. Ils constituent un formidable terrain d’observation de la flore adaptée au milieu aquatique. Dans l’eau, on peut trouver des plantes aquatiques comme le potamot, le jonc des tonneliers, le nénuphar jaune, la sagittaire ou le rubanier.

Sur les berges ou en eau profonde se développent l’iris d’eau, l’angélique sylvestre, le carex des rives et le plantain d’eau. Enfin, le long des sentiers, on trouve l’armoise, le géranium herbe à Robert, le lierre terrestre ou encore la benoîte commune.
Sur certaines parcelles non entretenues, la végétation évolue d’une manière considérable et devient envahissante et ligneuse. Elle tend à refermer l’espace. C’est le domaine du sureau, de la ronce, du liseron au milieu desquels se trouvent des frênes et des saules blancs.

Des plantes envahissantes

La multiplication des plantes aquatiques dites « exotiques » peut être aussi un vrai danger. Le myriophylle du Brésil ou la jussie sont des plantes envahissantes. Certaines proviennent sans doute d’aquariums de particuliers qui se sont, un jour, débarrassés des poissons et des plantes, en jetant le tout dans l’Yèvre ou la Voiselle. Ces plantes ont trouvé dans le territoire berrichon des marais, un espace agréable pour proliférer comme dans les grands fleuves d’Amazonie ou d’autres lieux lointains.

Aujourd’hui, les plantes invasives sont un vrai problème pour nos maraîchers ; un réel combat du quotidien pour ne pas se laisser envahir…

Une faune variée aux portes de la ville

Dans les marais de Bourges la rivière principale est l’Yèvre. Dans celle-ci, on trouve de nombreuses espèces aquatiques comme des brochets, des carpes et des anguilles.

Les ragondins

Quant aux ragondins, ce sont les mal-aimés, ils mangent les légumes et font, comme les écrevisses américaines, des trous dans les berges. Ce sont des animaux ressemblant à de gros castors. Ils vivent plutôt le soir et la nuit et dévorent les cultures non surveillées. Face à cette menace, les maraîchers piègent les ragondins avec des cages à bascule puis les noient. Il existe aussi des piégeurs expérimentés qui viennent tuer les ragondins. On compte environ 200 prises de ragondins par an. Dans Bourges, la population des ragondins est toujours dense malgré les pièges.

Il y a aussi beaucoup de couleuvres, car l’eau est très présente, mais elles sont inoffensives. Ici, l’eau est très propre, malheureusement il est interdit de s’y baigner. Il y a aussi une association de pêche qui fait régulièrement des lâchers de poissons, ce qui permet de pouvoir pêcher dans les coulants des marais.

Dans la terre

Il existe aussi une petite bête qui fait beaucoup de dégâts, la courtillière ou grillon-taupes. C’est un insecte vivant sous terre, qui mange les racines des cultures. On le trouve en travaillant la terre. Parfois des chevreuils viennent la nuit pour brouter les cultures : ils traversent la route depuis les bois. On trouve des écureuils et bien évidemment une multitude d’insectes. Tous assurent une vie et une animation dans nos marais parfois peu visités à certains endroits. Tous ces animaux sont inoffensifs ; si on ne s’attaque pas à eux, il n’y a pas à s’inquiéter !


Grillon taupe

Entretenir et Animer

Dans les marais de Bourges, l’association Patrimoine Marais, dont Michel Melin est le président depuis dix-sept ans, s’occupe des plantations : elle les protège contre les animaux nuisibles. Elle s’occupe aussi de la flore, des végétaux qui envahissent les marais. Elle fait des animations comme La fête des marais : visite des marais de Bourges, concerts et feux d’artifices. Cette fête rassemble tous les amis des marais. L’association organisait des balades en barques mais elle a arrêté à cause de problèmes financiers. L’association entretient les barques et les surveille à cause des vols. Il existe aussi une deuxième association : l’association des Maraîchers de Bourges.

collège Saint-Exupéry

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