Aux Eglantines, pavillon de la maison de retraite de Bellevue, comme ailleurs, le printemps de Bourges est connu. Parfois de loin, parfois de plus près.
Les unes, car les Eglantines sont des dames, préféraient jadis s’y promener, écouter les spectacles qui avaient lieu dehors. Le printemps de Bourges date de 1977, et elles ont connu les débuts du festival berruyer.
Ce sont des temps chaleureux, car si les dames des Eglantines se sont peu rendues d’elles-même au spectacle (« Mon mari n’aimait pas ça, alors, impossible d’y aller! », « moi j’accompagnais mes frères, et je les attendais »).
C’est quelques années plus tard, en accompagnant les petits-enfants, que le printemps devient un temps privilégié de partage familial. « J’accompagnais mes petits-enfants, et l’un d’eux a voulu séparer deux jeunes qui se disputaient assez fort : il s’est fait casser le nez, on est allés à l’hôpital et c’est tout ce que j’ai vu ce jour là » raconte Mme Doucet.
« Je me souviens que j’ai vu Yves montand. et un humoriste, aussi… Raymond Devos. « Il y avait des spectacles à la Maison de la Culture, et aussi dans la Cathédrale » se souvient Madame ?, le sourire flottant sur les lèvres.
« Moi j’aimais Luis Mariano, mais il n’est jamais venu au printemps de Bourges! » répond mme ? , de toute façon, je n’y allais pas parce que j’avais les enfants, et en habitant aux Gibjoncs, comme je ne conduis pas, c’était compliqué. Et elle n’aurait jamais vu Luis Mariano.

MMe Z, elle, se souvient de la vue sur la trouée verte, depuis sa maison, avec les spectacles et les gens qui dormaient un peu partout. Un matin, il y avait une tente plantée devant la maison, puisque c’était dans une impasse. C’était assez drôle, « ils ont dû avoir les côtes en long! », ces jeunes, à dormir à la dure. Une année, il y avait de la neige, et les gens étaient couchés sur les marches de la cathédrale.
Ce qui était bien, c’est que la ville était très animée. Quand j’allais chercher mes petits-enfants au train, il était toujours plein; des jeunes venaient chanter dnas les cafés, il y avait des concerts au Beugnon (note ; quartier de la ville de Bourges proche de Barbès et de Mazières). Ça rendait la ville très spéciale, très vivante.
Et on vivait le printemps, sans forcément y participer. De toute façon, les Eglantines aiment la musique, mais surtout pour danser. « moi j’aurais donné tous les concerts pour aller à un bal dans les assemblées ». Ce qui démontre que le printemps de la chanson est une valse à mille temps.

la Roseraie, Bellevue

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